Surveillance renforcée face aux arboviroses
A l’occasion du lancement de la période renforcée de surveillance des arboviroses, les autorités sanitaires rappellent que la lutte contre les moustiques, vecteurs de ces maladies (chikungunya, dengue, Zika et virus du Nil occidental (West Nile virus), demeure une priorité de santé publique.
Ainsi et comme chaque année, la surveillance des arboviroses (chikungunya, dengue et Zika) est renforcée en France métropolitaine du 1er mai au 30 novembre.
Le début de la saison 2026 est marquée par un nombre important de cas importés de dengue et de chikungunya en France métropolitaine (environ 500 cas confirmés de dengue et 50 cas confirmés de chikungunya importés en France hexagonale depuis le début de l’année 2026) augmentant ainsi le risque d’apparition de cas autochtones sur le territoire en cette période d’activité des vecteurs.
En ce début de saison propice à la prolifération des moustiques vecteurs (identifiés dans 83 départements, cf. carte), il est essentiel d’identifier précocement tous les cas afin de réduire le risque de transmission virale sur le territoire métropolitain. Le risque d’importation des virus de la dengue et du chikungunya dans les autres territoires ultramarins doit être également suivi avec attention considérant que les moustiques vecteurs de la maladie y sont présents toute l’année.
La survenue de cas autochtones est très souvent liée à une absence de diagnostic, une sous-déclaration ou à une déclaration tardive des cas. Nous attirons donc votre attention sur l’importance d’évoquer les diagnostics d’arboviroses (chikungunya, dengue et Zika) devant tout syndrome fébrile et algique, en l’absence d’autre signe d’appel infectieux ET sans autre diagnostic y compris SANS la notion de séjour en zone de circulation des virus.
Devant un patient présentant un tel tableau évocateur, les infirmiers, les masseurs-kinésithérapeutes, les sage-femmes et les pharmaciens doivent orienter le patient vers un médecin au plus vite. Les examens biologiques doivent être prescrits par le médecin en fonction de la date de début des signes du patient et les prélèvements précoces doivent être privilégiés. La prescription doit cibler à la fois le virus de la dengue, du chikungunya et du Zika en raison de symptomatologies évocatrices très proches.
Concernant le virus du Nil occidental (ou virus du West Nile), la surveillance multidisciplinaire s’inscrivant dans une approche « une seule santé » (One Health), est renforcée également du 1er mai au 30 novembre pendant période d’activité du moustique vecteur (différent du moustique tigre). La surveillance humaine repose sur différents dispositifs (Centre national de référence CNR des arbovirus, laboratoires de ville et hospitaliers pour les formes graves) dont l’objectif est de repérer précocement la circulation du virus afin de mettre en place rapidement des mesures de prévention et de protection des personnes notamment à risque de développer des formes graves, en particulier la sécurisation des dons de sang et des greffons dans les zones de circulation virale identifiée. Le détail des tableaux cliniques à surveiller et la conduite à tenir figurent en annexe.
En cas de résultat positif, nous rappelons que le signalement des cas de dengue, de chikungunya, virus du Nil Occidental (ou West Nile Virus) et de Zika, est obligatoire. À ce titre, nous vous informons que depuis le 22 avril 2026, la dématérialisation des maladies à signalement obligatoire est entrée en vigueur pour ces pathologies (et rougeole) via le Portail de signalement des évènements sanitaires indésirables (PSIG) : https://signalement.social-sante.gouv.fr/. Cette dématérialisation s’accompagne de nouveaux formulaires Cerfa disponibles sur le site de Santé publique France (https://www.santepubliquefrance.fr/liste-des-maladies-a-signalement-obligatoire). Ces nouveaux formulaires comportant des données nominatives, leur transmission à l’ARS doit obligatoirement être sécurisée : signalement sur le PSIG à privilégier, ou, à défaut, transmission du formulaire par messagerie sécurisée ou plateforme de dépôt sécurisée.
Le signalement des cas doit être réalisé au plus tôt pour permettre à l’ARS de mettre en œuvre des investigations et des mesures de lutte antivectorielle adaptées pour limiter le risque de propagation, et de rappeler les messages de prévention auprès des patients infectés.
Nous vous recommandons également d’être vigilants sur la présence de moustiques au sein et aux abords de vos locaux. Il convient notamment de lutter contre les gîtes larvaires, propices à leur développement, en supprimant les eaux stagnantes à l’intérieur et autour de vos locaux (petits contenants comme les dessous de pots, les déchets, les gouttières encombrées, etc.).
Enfin, nous rappelons que les agences régionales de santé peuvent vous apporter un appui dans la mise en œuvre de l’ensemble de ces recommandations.Je vous remercie par avance de votre mobilisation.